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"Confidences"

A la fille que j'aimais autrefois, j'avais écrit un texte où je m'étais efforcé de mettre des rîmes. Je l'ai retrouvé aujourd'hui, en fouinant dans mes vieux papiers. A peine je le sortais du lot de feuilles farcis qui encombrent  une de mes vielles valises que ma femme m'interpellait en ces termes :
- Tu te rappelles demain ?
- Demain il y a quoi, demandai-je
- Demain c'est le 14; dit-elle
- Un 14, ça quoi de particulier? Repris-je
- Un 14 février? Toi aussi. C'est la Saint valentin! dit-elle encore.
- Oui, je comprends maintenant, dis-je.

Il faut l'avouer, j'ignorais cette histoire de Saint Valentin. Elle ne me rappelle rien qui vaille. Pour moi, les jours sont assez durs comme cela pour que je me les rappele encore. Seulement, comme j'avais sous la main la vielle feuille qui portait les traces de mes premières hallucinations d'amoureux, je décidai de le lire à ma femme.
- Voilà, dis-je, je te lis un poème que j'avais dédié à la femme que j'aimerais
- Tu parles! Toi poètes? J'en rêverai chaque jour!
- Ecoute plutôt et dis-moi ce que tu en penses, repris-je.

Elle marqua une hésitation. Ce matin, elle avait beaucoup de tâches domestiques avant de sortir pour ses affaires. Malgré cela elle s'arrêta, m'écouta le temps du poème. En fait cela ne pris que quelques minutes. Voici le texte que j'ai lu pour elle:

"Confidence"

J'ignore si au nom de notre amitié,
Je peux prendre l'idyllique initiative,
De te tenir la main, pour ensemble marcher
Sur la route de la vie que parent tant d'épreuves.

J'ignore si cette action de bonté,
Saura vraiment traduire en faits les sentiments
Qui depuis naguère épaississent mes pensées
Eveillent mes tourments et m'éconduisent souvent

J'ignore si vraiment pour notre amitié,
Je peux poser sans crainte, sans inquiétude,
Avec volupté, sur tes lèvres charnues et cuivrées
Le baiser qui, sur les miennes, sut tant attendre

J'ignore si tu sauras enfin apprécier justement,
Cette confidence que je peine aujourd'hui à camoufler,
Car elle n'en est plus une depuis longtemps.
Souffre-le, mes sentiments pour toi dépassent l'amitié.

Félix MAK. Daddah
Lomé, 13/02/1999

J'avais alors vingt ans. La fleur de l'âge.
Aujourd'hui, en lisant ces lignes, je ne ressentais plus rien , par rapport à l'amour bien sûr. Seulement, j'ai compris, il y avait dans le regard de ma femme un brin de vigueur. Elle était émue. Après avoir fini ma lecture, j'ai classé mon vieux texte dans un autre cartable que celui dans lequel je l'avais sorti. Il y avait assez de poussière. Et je préférais l'en épargner. Ma femme, en ce temps avais repris ses occupations. Elle n'avait rien dit après ma lecture.
Moi, j'ai conclu que ça lui rappelait une triste histoire. Bien que j'attendais qu'elle me face ses observations, je la laissai à ses occupations. Ma journée s'annonçait dure. Pareille aux précédents. Point de place à l'émotion. En tout cas, pas à l'heure actuelle.


Nota bene : il s'agit là de l'extrait d'une histoire sur laqu'elle je travaille. A suivre.....

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Pour développer Siou

  "Siou sans aucun doute commencera à se développer dès que ses jeunes cultivateurs abandonneront la houe, cet instrument impitoyable qui vous vieillit un solide gaillard en trois saisons, pour des outils de travail du sol plus productifs et moins pénibles d’usage. Nous serons aussi un peu plus avancés lorsque nous disposeront de praticiens maîtrisant les arcanes de la vie microbienne et de la pathologie virale. Bref ! Mon village sera développé lorsque ses habitants réussiront à couvrir efficacement leurs besoins vitaux, gages d’une excellente qualité de vie."
Gerry TAAMA, rêvedafrique.over-blog.com


Mais avant cela, il faudra marquer un point. Un point pour revoir, juger, et sérier, bref analyser la situation actuelle, conséquente des précédentes et surtout décider de concert avec les Siouens sur le désir ou non d'avancer dans le future, dans le sens du développement. C'est vrai, beaucoup vous le diront. c'est évident que tout le monde veut le développement. Je réponds de suite que c'est le développement vue et entendu de l'extérieur, pas surtout inscrit dans les chêmes et le commu des Siouens comme une nécessité. Il faut faire sien, le développement. je veux dire il faut qu'il nous soit inhérent. Car si on veut se développer comme Lomé, Kara, Londres ou Paris, ça marchera pas certainement.

Dans un passé récent (peut être 2 décennies déjà) on apporté aux populations de Siou, une variété de haricot qui produisait beaucoup plus que les autres. Aujourd’hui, nous avons de cette variété que le nom que Siou lui a donné « Djodjo’ngo ». Littéralement, « le fou ». Pour dire que cette plante produisait comme un fou. Et croyez-moi, à ses début, le nom n’avait pas dégoûté, mais peut-être séduit plus d’un. Mais dans mon village, le fou, on le craint, on le rejette, on le fuit, du moins pour les petits que nous étions. Et la relève de demain se posait sur nous en tout cas sur les petits qui plus tard deviennent jeunes.
Avec en image le fou, normal que le haricot fou ne me plaise, quelque soit son rendement ! Pour tout dire, notre haricot, a sombré progressivement et certainement dans l’oubli. Au cas, contraire on garderait de lui plus que le nom.
En somme, le développement, c’est une question de mentalité et d’appropriation de ceux qu’on entend développer. C’est difficile : car c’est en même temps s’appréhender soit même ; l’autre qu’au prétend développer était lui-même homme. Étudier une conscience, elle vous étudiera le temps que vous prendrez et choisira de vous offrir ce qui lui plait de vous donner. Les sociologues le savent depuis longtemps : l’économie de marché, la production, la santé, l’éducation, et que sais-je encore seront perçus comme venant des autres. Et non une émanation de nous Siouens.
Pour développer Siou, une approche simple.
1. Poster des pionniers du développement dans le canton
Il s’agit d’individus sans orgueil qui, après avoir fait des études plus ou moins longues se sacrifient et retournent dans le canton avec l’unique intention de faire comme les autres, au début. Une question va s’imposer, venant des nôtres.
« Qu’a-t-il enfin ramené de ses longues études ?
2. Saisir le déclic de l’étonnement.
Les plus érudits vont se questionner. C’est le début du processus qui va consister à répondre l’étonnement et au dédain par la création d’un réseau de curieux pour répondre aux interrogations sur ce qui est possible de faire autrement pour avancer. Et toujours, il faudra laisser croire que c’est maintenant que la chose se découvre et par les locaux.
L’approche participative du développement qui ne prend pas de modèles importés d’ailleurs, du moins dans les pensées des bénéficiaires !
3. Accepter les pratiques anciennes sans y renoncer à rien.
Le renoncement, prévoyez-le après vous, soit plus de trois générations après. Si vous attendez et travaillez pour voir le changement, le développement s’opérer, c’est peine perdue.
C’est ce que tout le monde a voulu obtenir partout en Afrique.
- Le colon,
- L’indépendantiste
- Le démocrate
Et tous les idéologues et stratèges du changement.
C’est vraiment, ignorer une réalité : le modelage des esprits par les hommes présents et qui portent des jugements – d’ailleurs jamais objectifs par rapport à l'évolution du temps – sur les faits.

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L'eau, source de vie ?

Un pas en arrière, du 14 au 23 Janvier 2008

Voici de quelle eau de boisson se désaltèrent mes frères de Dapaong, Région des Savanes au Nord du Togo.

J'y étais dans le cadre d'une mission pour recueillir les préoccupations des populations sur la sécurité alimentaire au Togo, et surtout sur le comment en faire une réalité chez nous.
Point n'est besoin de vous relater ce que nous avions entendu et croyez-moi, le cas de Dapaong n'est qu'un exemple parmis tant.

Dans les régions de la Kara, Centrale, des Plateaux, Maritime les images se ressemblent ainsi. Seul le paysage, rend spécifique le calvaire de la quête de "la source de vie" : l'eau.

Partout des gens se déplacent sur plus de 10km pour un seau d'eau, et pour sa qualité, jugez par vous-mêmes le contenu de la bassine de la photo. Et le tableau est partout le même quel que soit le secteur pris.

Pourquoi ne pas s'étonner que nous comptions par les gens du 21ième siècle? Après, un demi siècle où nous avons
lutté et crié corps et âme pour reprendre, semble-t-il :
     .  notre liberté
     .  la destinée de nos peuples
     .  notre autonomie

Qu'avons-nous fait enfin depuis 1960 : avancer ou réculer ?



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