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Au développement comme à la chasse...... , le village de Akakpo-copé a franchi un pas décisif.

http://www.teteamodeler.com/boiteaoutils/image/images2/caseafrica6.JPGQuand j’ai vu ce que l’ONG Plan Togo fait dans la région des Plateaux, sa zone d’intervention, je me dis que chez-nous, nous allons au développement comme à l’époque, nos parents allaient à la chasse. En effet, quelques bois modelés suffisaient au chasseur pour braver la hardiesse de la nature, des champs et l’habileté des animaux sauvages pour s’approvisionner en protéines animales. Depuis deux jours et sans arrêt, je tambourine sur mon clavier en saisissant le rapport du Diagnostic Participatif (DP) et du Plan d’Action Village (PAV) du village de Akakpo-copé. Une localité située à 49 kilomètres d’Atakpamé, sur la Route Nationale N°1. Un travail financé par Plan Togo, qui a duré du 20 au 30 avril 2010 et mobilisé dans ce seul petit village de 3 800 habitants quatre acteurs de terrain. D’autres villages environnants d’Akakpo-copé (du canton de Nyamassila) ont connu le même processus au cours de la même période.

Il faut louer cette initiative et trouver surtout le moyen de la faire bénéficier à l’ensemble du Togo. Sinon, nous serons dans les cantons de Doufelgou, à l’horizon 2025 parmi les damnés de la terre. Le visage de notre préfecture est plus que critique. Pour preuve, voir le billet « Pour Doufelgou, ce que je déplore » que j’ai publié la semaine passée sur «www.couleurs-des-temps.over-blog.com ». Je crains en effet que nous soyons, malgré nos potentialités multiples les derniers en matière de développement local. Là, je ne compte pas reprendre «  Pour Doufelgou, ce que je déplore ». A quoi bon ? L’idéal est dit dans ce billet et la balle est ceux qui pensent y ajouter ou qui ont à redire.

Revenons par contre à Akakpo-copé. Le Diagnostic Participatif (DP) a consisté en un dépouillement complet  du village d’Akakpo-copé en faisant ressortir son historique, son état actuel sur tous les plans (agriculture, éducation, droits des enfants, économie….infrastructures sociocommunautaires). Une analyse des principaux problèmes du village et leurs approches de solutions en impliquant différents groupes cibles répertoriés préalablement, a permis de les prioriser et d’en sortir une chronologie de leur réalisation, en tenant de la répartition des tâches, des périodes d’exécution, des ressources nécessaires et en identifiant des responsables d’exécution pour chaque action. Une véritable monographie du village faite avec et pour les villageois eux-mêmes de sorte qu’ils se sentent responsables de leur propre développement et s’en chargent eux-mêmes. Plusieurs outils techniques dont le SEPO, le diagramme de Venn, l’observation participante, la carte du village,  l’implication des villageois (par des facilitateurs locaux issus du village), l’arbre à problèmes, le transect ont été utilisés dans le processus pour recueillir le maximum d’informations auprès des villageois.

Le « transect » auquel j’ai personnellement participé a consisté à sillonner en suivant un itinéraire imaginaire de sorte à pouvoir voir tout ce qui s’y trouve.  Ainsi, avons pu voir plusieurs choses dont un forage, un bas-bonds, le dispensaire du village, l’école ;……. A gauche de la ligne. A sa droite se trouvaient entre autres le quartier Sara, le petit marché du village, la maison du chef, un puits. Parmi les problèmes identifiés, une forte propension à l’abandon scolaire, l’insuffisance d’eau potable, d’infrastructures routières et d’assainissement, la faible organisation de la population…..

Le Plan d’Action est étalé sur cinq ans soit jusqu’en 2015 et prend en compte tous la résolution de tous les problèmes identifiés dans le village par les villageois eux-mêmes.

Le processus a permis aux habitants du village d’Akakpo-copé de se familiariser pendant dix jours avec les réalités de leur village et de réfléchir à la thématique du développement de manière plus inclusive et participative. Le document, maintenant propriété du village s’y trouve (en tout cas depuis aujourd’hui). Il reste à la communauté, notamment au CVD de le présenter à l’ensemble de la population, de rechercher les sources de financements pour la réalisation des projets contenus dans ce document. Il revient aussi aux organisations soucieuses du développement local, de prendre connaissance de son contenu et de voir dans quelle mesure contribuer à l’émergence d’un train de vie amélioré dans le village : c’est ça le développement.

Et pour Akakpo-copé, il s’agit d’un grand pas de fait. Quant à notre terroir (je veux dire notre Doufelgou), sur la route du développement local, la feuille de route serait celle-ci :

Identifier un partenaire à même de financement l’amorce des préalables du développement local à savoir :

réaliser un Diagnostic participatif (DP) dans chaque village

élaboration de Plans d’Action villageois (PAV) pour chaque village

organisation des communautés en Comités Villageois de Développement (CVD) dynamiques et opérationnels

la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des PAV ainsi élaborés, ce qui inclut :

la mise à disposition des ressources locales internes et externes

la recherche de partenaires de financement

Il faut dire, dans ce processus, il est indispensable que des structures locales d’appui-accompagnement y soient impliquées, de sorte à relayer, avec les acteurs locaux (CVD, groupements, associations, groupes de femmes, groupes d’enfants…..) les acquis du développement et de le rendre pérenne et durable. Dans la région des Plateaux l’ONG Plan Togo, travaille avec une ONG locale du nom de ODIAE (Organisation pour le Développement et l’incitation à l’Auto-Emploi).

C’est en ce dernier point que, je crois qu’on butera. En tout cas depuis bien longtemps Doufelgou bute sur cet aspect : le monitoring par les natifs et les cadres de la Préfecture d’une structure de développement qui se démarque des considérations partisanes politiques. A ce jour, je n’ai pas connaissance d’une organisation de développement qui soit conduit et qui reçoive l’appui des cadres du milieu. Et pour les actions de développement, de mobilisation et d’éducation, le terrain est laissé vide pour les des acteurs qui viennent de la Kozah, pour la plupart. La nature ayant horreur du vide, cela se comprend. Par contre, l’on ne compte plus le nombre de natifs de la Préfecture ayant fait les sciences sociales à l’université et qui se retrouvent dans des cadres de loin liés à leurs compétences (cas de l’enseignement).

Pourtant, ce ne sont pas les initiatives qui manquent de la part des natifs de la préfecture. Je sais pour avoir été coordonnateur de l’une et membre promoteur de l’autre qu’il existe des structures  qui siègent plutôt à Lomé et dans d’autres villes du pays, pour la seule raison de n’avoir pas le minimum ni d’appui pour s’implanter dans la préfecture et contribuer tant soit peu aux réflexions sur le développement de la préfecture.

Aller, il faut que j’arrête ou alors que j’aborde un autre sujet. Sinon on me prendrait pour un xéno. Surtout pas ça. Je crois seulement qu’en parlant du bien des autres, il faut parler de soi, si même si là il ne s’agit que du mal. Et là, je parlais du pas que venait de faire le village de Akakpo-copé. Que quelque part les nôtres s’en inspirent, c’est tout mon souhait !