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Bribes d'une discussion autour d'un pot

Je pars aujourd’hui pour Lomé, mais, d’Atakpamé, il me reste encore deux petites choses : le temps que je passe à attendre que René revienne de son déplacement à Plan Togo, et les bribes d’une discussion que nous avons eu la nuit d’hier à battons rompus, assis à la belle étoile d’une cour qui servait de buvette. Hier donc, nos discussions ont porté pêle-mêle sur la politique, la nation togolaise, la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Togo, le développement et surtout un peu d’humour. Des bribes m’en reviennent à l’esprit. Mais je ne crois pas pouvoir être logique en les rappelant. D’abord, il a été question du professeur ALADJI Victor, l’un des seuls spécialistes en communication qui officierait encore à l’université de Lomé. Le collègue et ami de René racontait une historiette que le vieux ALADJI leur aurait raconté, alors qu’il était encore étudiant. Le professeur, aurait eu un ami Anglais, banquier mais qui n’avait pour seul moyen de déplacement que son véhicule de service et un vélo. Lorsque, parti pour déposer les enfants à l’école le véhicule tardait à arriver, le monsieur montait simplement sur sa bicyclette et se rendait à son service. Le prof aurait lié ensuite le fait au cas de l’ex-président kényan Moye KIBAKI. Ce dernier aurait dans son parc automobile toutes les marques de véhicules qui sortaient à son époque. Naturellement, ne pouvant pas les utiliser toutes, il en avait qui pourrissaient non par pour raison de panne, mais seulement pour non utilisation, donc pour motif d’abandon. Justement et preuve que nous n’étions pas sous le coup de l’alcool, personne n’a fait cas de nos compatriotes qui, appelés à servir la nation, se plaisent dans cet égarement alors le commun du Togolais croupit dans le dénuement total. C’est là que dans les interprétations qui ont suivi, j’ai éclairé une chose à laquelle je réfléchis depuis longtemps. L’utilisation et la définition des mots que nous utilisons, en Afrique (enfin surtout). En effet, il me semble nous usons des mots sans leur donner leur vrai contenance. L’exemple de « opulence » me semble bien indiqué pour justifier mes propos. Pour peu qu’un Africain arrive à joindre les deux bouts, qu’il soit planton ou DG de société, la première des choses qui vient à l’esprit est la multiplication des biens matériels tout genre, voiture de luxe, femmes, maisons en premier. Pas même une petite initiative entrepreneuriale qui aurait pu lui permettre de créer un emploi pour autrui, et se faisant le mettre un peu sur la ligne des préoccupations de la gestion rationnelle. Sans transition, notre attention s’est portée sur le Père de l’Indépendance du Togo. J’ai évoque le livre de Andoche BONIN que j’ai lu il y a plus de trois ans. « Eyadema, du caporal au Général » devait être le titre du livre. Le livre, il me semble était interdit au Togo. En tout cas c’est que m’avait dit Akim qui me l’avait passé. Alors l’ami et collègue témoigna de documentaires qu’il avait vus sur le premier président du Togo. Bref, nous avons raté beaucoup en supprimant ce monsieur qui était à son époque une référence. Je me suis rappelé que le professeur ALADJI nous avait dit un jour que des Texans s’étaient déplacés sur une grande distance pour ce Togolais qu’il était, en mémoire du feu SYLVANUS Olympio. En fait, c’était un jour, où, entraîné par l’effet de groupe, un étudiant l’avait traité de « nostalgique » du passé. Je me rappelle encore ce jour, le vieux avait profité de l’occasion pour nous démontrer qu’à son avis de chercheur, le Togo régressait, inexorablement depuis l’assassina de l’homme qui l’aurait mis sur l’orbite du développement. Pendant plus de trente minutes, l’amphi était devenu calme, un silence de mort y régnait. Bref, l’image de cet homme a été salie par les ambitions politiques de ses détracteurs. C’est connu ! Quand on veut abattre son chien, on l’accuse de rage. Sinon personne ne comprendrait cette méchanceté ! Le développement, la nation togolaise. « Le tissus social togolais demeure délabré » a dit-René. On s’efforce à donner des timbres aux présidents qui ont dirigé le pays. Et surtout à l’un, le célèbre nom de « Père de la Nation ». De notre discussion, il a été clair. Il vaudrait mieux dire « Père d’une Nation ». Au Togo, il ne faut pas des yeux de loupe pour voir que pour devenir une Nation, le chemin reste encore long à faire. Quant au développement, c’est l’Afrique dans son ensemble qui est mal partie. Pour toute logique, nous sommes toujours en arrière sur une courbe croissante de l’évolution marquée par des séquences d’obstacles affranchis et à venir que les autres peuples (l’occident surtout) rencontrent, règlent et s’en habituent. Dès que l’Afrique, arrive à l’obstacle, elle fait un bon en avant, boostée par les acquis en la matière. Au point que qu’aucune leçon n’est tirée de la situation. Pire encore, telle que nous procédons par bonds pour se mettre au diapason de l’histoire, il est clair, pour le développement, l’Afrique n’en sera au rendez-vous que s’il y avait une limite au-delà de laquelle le développement n’est plus possible. Ainsi, en traînant, et en supposant que le monde se limiterait là, nous y parviendrons. J’allais oublier, le collègue de René pense même que dans la logique de mon raisonnement « il ne nous fallait pas l’ordinateur ». Là-dessus, j’avoue que j’en ai eu peur. J’en connais qui en sont férus au point sans ordinateur, internet, et accessoires, le monde serait une aberration. D’autres sujets ont été partagés, comme cela, à battons rompus. Sans analyse profonde. Je crois qu’il s’agissait plutôt de meubler le temps entre gens d’un certains niveau d’étude, et surtout acteurs dans le développement. Ah ! Mon téléphone sonne. Ce doit être René qui serait prêt pour qu’on quitte. Effectivement ….., il faut donc que je quitte. Pour le reste, des bribes, si je m’en rappelle, je vous le conterai…… Promis.