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Dans la peau d’une détective…..

Ce matin et pour toute la journée, j’ai tourné dans Lomé où je suis depuis trois jours. Bref, un ami m’a déposé en fin de soirée au grand carrefour de GTA. J’ai trouvé l’endroit un peu esthétique, mais pas suffisamment. Je crois que c’est l’endroit le plus idéal au Togo, où l’on aurait pu expé-rimenter la construction des rues à différents niveaux : les fameux échangeurs. Ils donnent en vérité une certaine beauté aux villes. Enfin, j’ai vu ça à Accra, la capitale Ghanéenne….. Et ça m’a intéressé, vraiment. Au Togo, on n’en a nulle part, et le carrefour de GTA était à mon humble avis l’endroit où je m’attendais à ce qu’on le fasse. A cet endroit, en effet, se trouvent une élévation et une multitude de directions, le prédisposant à cette réalisation. Surtout avec la construction de la rue de la Nouvelle Présidence de la République. Alors, ce soir, mon « patron » m’a déposé à ce niveau. Exactement à l’entrée du carrefour et a brûlé les feux de signalisation pour répartir. En fait il n’a pas contourné le rond point comme il se devait. Il faut dire que sa moto, très souvent capricieuse, aurait pu s’éteindre, s’il tentait un contournement normal du rond point. Dans ce cas, il poserait plus de problèmes qu’il ne l’a fait en faisant un détour anormal. Là, immédiatement en prenant la Nationale N°1, se trouvait un petit attroupement. Quelques jeunes hommes, deux policiers (des Araignées) et une jeune dame. Juste avec eux, garés sur le côté de la Nationale se trouvaient un véhicule personnel et une moto, les grosses de marque chinoise. J’ai juste entendu des bribes in-contrôlées des propos que tenait la dame qui visiblement était au volant de la voiture fautive. A l’intérieur se trouvait une jeune fille, ce devait être sa fille. Un jeune homme aussi, sûr que lui aussi était parent de la dame. Mais ce que disait la dame m’a touché, au point que j’ai dit, ces loméens sont d’un certain orgueil. En fait, elle égueulait les policiers qui l’empêchaient de partir au volant de son véhicule série Z, ancienne plaque. « j’ai même un officier là-bas », « que voulez-vous ? l’argent ? j’ai l’argent ! » « laissez-moi partir ! » Et elle s’en alla pour rentrer dans son véhicule. Un des policiers est allé se pointer devant le véhicule. « Démarre, si tu es femme, disait-il » au même moment où j’arrivais. Je suis allé aux nouvelles. Que s’était il passé, il fallait le savoir. Il n’y a nulle part un tel bruit sans que rien ne se soit réellement passé. Un jeune homme, débout près de la moto m’explique : « Elle nous heurté là-bas, à l’entrée de la rue de la Nouvelle Présidence et elle est partie. J’étais remorqué par mon ami. On bosse ensemble et il me dépose à la sortie. Lorsque nous nous sommes relevés, elle avait continué de rouler et nous l’avons rattrapé mais, elle n’a voulu rien entendre. Elle dit d’ailleurs que c’est nous qui l’avons cogné. Nous sommes venus prévenir la police, qui la bloquée ici, voilà ». « Dans ce cas vous avez déjà quitté l’endroit de l’accident, ai-je dit » La femme continuait de crier sur les policiers. D’autres sont arrivés pour s’en quérir de ce qui se passait. Même manège. Proférant qu’ils n’étaient pas là pour les constats. « D’ailleurs, laissez-moi, je vais amener les prétendus accidentés à l’hôpital » finit-elle par dire. Y’avait-il réellement accident ? J’ai voulu vérifier. Faire un peu la détective… enfin, je suppose que c’est comme cela qu’on nomme ceux qui ce genre de boulot. Voici les constats que j’ai faits : la moto avait réellement eu un choc au niveau de sa partie gauche qui avait affectée le guidon. Le pose-pieds qui était cassé était posé sur le réservoir de la moto. Un jeune, le pilote de la moto était débout à côté, le bras gauche ensanglanté, et le manchon de sa chemise lacéré. Première conclusion : le jeune homme a eu un accident et les traces de ses blessures correspondent exactement à celles qu’avait la moto. Il est clair qu’il était au volant de cette moto et qu’il est tombé avec. Voyons maintenant avec la voiture. Je suis allé derrière, avec l’hypothèse que le jeune homme l’aurait cogné comme le disait la dame. Constat, aucune trace de déformation du véhicule. Aucun bombement de la structure métallique. Allons voir devant, peut-être que c’est la dame qui la cogner. Là aussi, aucune trace n’indiquait un quelconque choc. Faillait voir ailleurs, mais où ? Vous dites avoir été cognés ? Et avoir quitté l’endroit ? C’est difficile de vérifier. En faisant un petit tour du véhicule, j’ai remarqué que le jeune parent de la dame ne quittait pas de là où il était resté depuis que je suis arrivé. C’est-à-dire, côté passager, mais à l’endroit exact de la roue arrière. Je m’en suis rapproché. Faillait voir là aussi. Stop ! Voilà ! C’était donc là : sur la roue arrière se trouvaient des traces fraiches, des égratignures remarquables. C’était là la preuve d’un choc. Ce véhicule doit être mêlé à cette histoire : conclusion deux. Mais, il faut aller au recoupement des données, au croisement des constats. Enfin, j’appelle ça comme ça, car n’étant pas moi-même du métier, je ne maîtrise pas les terminologies : 1. Il y a preuve de choc sur les deux engins 2. La moto, a été heurtée du côté gauche 3. Les traces de choc sur le véhicule sont exactement du côté droit, sur la roue arrière 4. C’est exactement de ce côté, qu’en doublant la moto, le véhicule aurait pu le heurter. Bref, s’il faut continuer d’investiguer, il reste à démontrer que la hauteur du sol au pose-pieds de la moto, correspond à celle du sol aux égratignures de la roue du véhicule. Et le tour est joué. C’est juste ça ! Pour clouer le bec à cette dame bavarde et dédaigneuse. Maintenant, les faits confirment un accident. Même au cas où, les accidentés n’ont eu aucun traumatisme apparent (ce que seul un médecin peut démontrer après consultation), il fallait quand même penser à les assister. La non-assistance aux personnes en danger, est justement hors-loi. La dame ne semblait pas le savoir. Pire encore, elle brandissait la menace de connaître un officier dans les rangs du service compétent pour ces genres de situations ! Un instant, j’ai pensé qu’elle donnerait un nom ! Mais, hélas, elle a préféré la prudence. Je suis resté là pendant plus de trente minutes. Il faut dire que je n’avais pas hâte de rentrer. Mais en prenant mon Zémédjan pour partir, je réfléchissais encore à cet état de chose. Surtout, à ce que cette dame encourrait si nous étions dans un état de droit ! Tentative d’homicide avec non assistance à personne en danger. Mais, je me suis aussi dit que notre pays, quoi qu’on dise, avançait. Certes, à un rythme qui lui est propre : nonchalamment. Sinon, comment comprendre que les jeunes policiers n’aient pas obtempéré lorsque la dame a dit connaître un officier du service compétent en la matière ? Elle disait ne pas s’inquiéter qu’ils y aillent pour un constat. Je n’ai pas voulu engagé une discussion avec le Z-man. Il aurait vu pire, lui qui court les rues de la capitale tous les jours. Mais, j’étais un peu confiant en cette démocratie que nous disons construire. Un petit acquis : il est passé, le temps où la simple évocation d’une connaissance vous sortait d’une impasse, même si vous en étiez le faussaire ! Mais, là, il faut que beaucoup de monde le comprenne.
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