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Le moulin de Floryan et compagnie ……

Anne devait m’appeler pour me confirmer notre retour sur Niamtougou. Alors que j’attendais son appel ce matin, une pluie a commencé par s’abattre sur la ville de Lomé. Comme à mon habitude, j’ai couru me mettre au lit. J’ai un plaisir à me faire bercer par les bruits assourdissants des goûtes de pluie tombant sur la tôle ou la tuile. Je dors sous de la tuile. Alors je dors pendant plus de trente minutes, les oreilles aux aguets, attendant l’appel de Anne. Plus de trente minutes passent donc et la pluie, s’arrête pile. Comme par l’action d’un coup de baguette magique. Alors Phany me réveille pour ne pas plus tard avoir à partager mes plaintes parce que j’aurais perdu la journée en dormant. Alors je me réveille, remets en marche ma bécane et décide de sortir, question de voir dehors. A peine j’ouvre la porte, que j’aperçois devant moi, dans la maison, tout un étang, sinon une mare. Nulle part où mettre le pied. Une averse de plus et l’eau nous rentrait dans la chambre. Que se passe-t-il ? J’avais pourtant fait une ouverture pour laisser passer l’eau ! C’est quand même un droit, du moment où nous nous avons par prévu de citerne pour récupérer les eaux de pluie. Il faut donc vérifier, trouver le moyen d’évacuer cette eau. Alors je trempe dans l’eau froide. Elle me glace la peau des pieds. J’avance jusqu’à l’endroit où j’avais entre temps ouvert un orifice pour laisser passer l’eau. C’est bien là que le problème se pose ! L’orifice est littéralement obstrué. Faut déboucher. Je prends le coupe-coupe. C’est pratique pour sortir quelque chose d’un trou, ou pour percer. Je trempe mon coupe-coupe dans l’orifice, pour donc sortir ce qui le bouche. Surprise, la chose est molle, si molle que le coupe-coupe y pénètre facilement. Je sors la chose de l’eau. C’est du sable. Je reprends le manège ; pareille. Finalement, j’en sors une grande quantité d’un sable fin, qui certainement ne provient pas su ruissèlement des eaux de la maison. -Phany, pourquoi avez-vous bouché ici avec du sable ? -Où ça ? demande Phany qui ne s’était pas encore levée. -Ici, l’orifice que j’avais fait pour que l’eau sorte de la maison ! -C’est Floryan, bien-sûr. Tu ne devrais pas me le de-mander ! -D’accord, mais que faisait-il là avec du sable de mer ? Et avec qui ? -Du moulin ! Avec sa compagnie ! Je n’ai plus posé de question. Je m’en rappelle. A l’époque du paradis de mon enfance, il ne suffisait pas de grand-chose pour faire ce qu’on voulait : cheval, moulin, voiture……. Ah ! quelle belle époque ! J’ai enfin débouché l’orifice. L’eau est sortie avec volupté. Mais en retournant dans la chambre, je me disais qu’en réalité, nous ne différions pas les uns des autres, quelque soit l’époque. En effet, devant chez-moi, juste un peu en biais, quelqu’un y a implanté un moulin. Quoi de plus normal que les enfants du quartier fassent du moulin ! Toute la horde des enfants en bas âge du quartier, la compagnie de Floryan …. s’étaient allés de bon cœur pour faire leur moulin. Il se trouve seulement que l’endroit approprié se trouvait chez moi. Il semble même que chez Réïde (4 ans, donc 3 mois de plus que Floryan), ils ont creusé un trou dans le mur de la clôture, … pour faire leur moulin. Ingénieurs du futur, ça commence là, dans la crédulité de l’enfance. Mon téléphone a enfin sonné. C’est Anne qui appelle. Il faut qu’on rentre sur Niamtougou, environ 450 km de Lomé. Il est 13h00’. Dans une heure on se retrouve à « Terminal du Sahel ». De là, on n’aura pas moins de six heures de route. Quelque soit le moyen utilisé : voiture personnelle ou taxi brousse. Pour certitude, on arrivera vers 01 H demain, la nuit profonde.