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NOIR DE MA PEAU, NOIR DE TOUT

Toi-même tu sais

Que je suis Nègre,

Nègre d’Afrique Noire

Noire des sublimes profondeurs,

Qui façonnent nos humeurs et peignent nos couleurs

 

Toi-même tu sais

Que ma peau est noire

Noire de l’essence des êtres

Ces êtres que nous sommes

Et qui s’éteignent dans le noir des abîmes insondables

 

Toi-même tu sais

Que ma peau noire a tant saigné

Dans le soleil ardant et piquant de lointaines contrées

Où, Nègre que je suis, je ne fus qu’une part des pièces de change

Oh pure infamie ! De la sueur de ma peau, j’ai nourri la Terre entière

 

Toi-même tu sais

Que je suis Nègre,

Nègre d’Afrique Noire

Noire des sublimes profondeurs,

Qui façonnent nos humeurs et peignent nos couleurs

 

Toi-même tu sais

Que de la sueur de ma peau sombre,

J’ai donné à l’humanité de vivre le bonheur

Et pour cette ardue tâche, ma peau fut salie, tannée

Le soleil inconscient, y est allé de cœur d’agneau ;

Mais pour ma peau de Noir, point de tache de saleté, ni d’usure qu’elle ait laissée.

 

Toi-même tu sais

Que seules les spéculations gratuites

Que seules les intentions et pratiques ignobles

Ont un temps peu de l’histoire plié mon échine, mon esprit aussi,

Mais pour défaire les divines mailles qui, savamment tissèrent la toile de ma peau

La tâche fut dure, impossible. Pure utopie.

 

Toi-même tu sais

Que je suis Noir et fier de l’être

Que dans les lointaines contrées où mes plantes furent usées, ma peau tannée ;

Je n’avais guère chose à faire,

A l’instar de milliers autres, épris de leur couleur de peau

Tu sais, pour ma peau noire d’ébène, point n’est besoin de lui faire une unicité.

 

                                                                     Avril 2002