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Affaire ReDeMaRe : ce que les gens pensent…… de la suspension

 

S’il dans l’affaire ReDeMaRe il s’agit d’une arnaque ou d’une supercherie, ce n’est pas l’avis de tout le monde. En commençant par les adhérents qui y ont passé un certain temps. Hier et ce matin, j’ai dû me confronter à des amis de longues dates qui s’y étaient adhérés. D’abord pour hier c’était avec Massaoudou. Un jeune ami de quartier de la périphérie de Lomé. Je l’ai croisé hier au guidon d’une grosse moto made in China. Plus trapu, élégamment habillé. En ces moments de carême pour sa confession religieuse, il me paraît beaucoup en bon point. C’est vrai que ça vient à peine de commencer. C’est après deux à trois semaines que les séquelles de cette règlementation de la nutrition se remarquent sur les adeptes praticiens de l’église de Mohamed. Venons-en à la conception de Massaoudou sur l’affaire ReDeMaRe. En fait c’est parce que je lui demandais comment il allait qu’il s’était attardé pour causer :

- Ca va, sauf qu’ils nous ont interdit ReDeMaRe ;

- Qui ça ? ils ?

- Faure et consort. Moi je crois que c’est parce que ReDeMaRe a commencé par appuyer les gens pour aller au pèlerinage qu’ils l’ont suspendu.

- A Oui ?

- Ouais ! Les intérêts de celui qui l’organisait sont mis en cause dans la mesure où ReDeMaRe l’organise avec près de 300 000 milles francs de moins, pour aider tous les musulmans désireux de faire ce pèlerinage.

- A bon ? qui l’organisait au paravent ?

- TITIKPINA, c’est lui qui organisait le hadj et maintenant que ReDeMaRe a commencé par appuyer les fidèles avec moins de frais que ce que lui demandait, il y voit une menace à ‘’ses affaires’’. C’est clair !!!!!

- Je comprends Mass. Mais je crois que l’Etat était dans son droit d’anticiper sur les conséquences éventuelles de ce système dans notre pays. Ça s’est déjà passé en Côte d’Ivoire et le cas du Bénin fait actuellement couler beaucoup d’encre. Il s’agit d’une crise catastrophique d’où difficilement un Etat s’en sortirait si une tranche importante de la population y adhère.

- Au Bénin ils ont repris.

- Je ne pense pas. En tout cas je vais vérifier.

J’ai quitté mon ami de longue date avec un pincement au cœur. Il venait à peine de verser 450 000 francs pour bénéficier chaque mois et à vie de 75 000 Francs. Le mal c’est qu’il avait attendu deux ans pour vérifier la crédibilité du système. Il s’en était convaincu et venait donc de verser sa côte part pour gagner le sésame mensuelle. Mais le conseil des Ministres a mis le grappin sur l’affaire et hop ! plus rien. Il se morfond, convaincu que c’est le gouvernement qui a décidé de faire son malheur, comme c’est d’ailleurs son habitude. « Ils s’en fichent bien de nos malheurs. Il semble même que c’est les corps habillés seuls qu’ils veulent », conclut-il en démarrant en trombe sans grosse SANILI. Pauvre de Mass !

Le second ami que j’ai croisé Bakson, c’est son surnom : un diminutif de son vrai nom qui, lui est plus compliqué. Maîtrise en géographie. 3 à 4 ans d’errance sans emploi fixe. Dans misère, sinon dans notre misère, il a glané sur la vente de cartes de recharge téléphoniques pour adhérer à ReDeMaRe. A petit coup, et avec ce qu’il percevait chaque mois dans le système, il a pu parvenir à déposer les 450 000F pour bénéficier de 75 000 F par mois. Bien réfléchi. Il voulait ReDeMaRer. Et il y est parvenu. De son avis, il a réussi. Car comme je lui avais dit au tout début de l’affaire, il suffisait d’être convaincu qu’après avoir investi un montant, que le système vivrait au moins six mois encore, le temps de récupérer au moins son investissement. Et il y est justement parvenu. Il a d’ailleurs eu plus. Mais Bakson pense autre chose de cette suspension : une décision politique. Selon, lui dans un proche avenir, et vu l’engouement que prend l’affaire au plan national, il y a pas de raison que si le Directeur présente un jour sa candidature à la magislature suprême, qu’il n’écarte pas tous les hommes politiques, quelles que soit leur carrure et leur force. Mon amis y voit une décision politique et se plaint comme Mass, de ce que, nos dirigeants ne proposent rien au peuple, mais lui enlèvent plutôt tout.

Sur ce plan, il a raison. A voir comment mes frères Togolais parlent, et pensent de ReDeMaRe, il est clair qu’aucun homme politique ne pourrait se mesurer à l’initiateur de cette structure s’il lui vient à l’idée des ambitions politiques. Il aurait fait le bonheur de ceux à qui il serait en train de demander la caution pour conduire la destinée du pays. J’aime bien cet aspect de l’affaire. C’est vraiment une bombe politique à retardement. Quand bien le promoteur, n’aurait pas des ambitions politiques, il pourrait y être contraint par la horde de pauvres qu’il aura sorti de la misère. Et c’est justement tout ce que le peuple demande : se nourrir, sortit de la difficulté de chaque jour de trouver à manger.

 

De l’affaire, ce que je crois.

 

J’ai toujours cru en celui qui a dit que ‘’Tout ce que l’esprit humain peut concevoir, ce même esprit peut le réaliser’’. Ce doit être un SG de l’ONU. Je ne sais plus. Mais si ce n’est les vrais termes, c’est le contenu…… enfin ce que je crois en avoir compris. De l’affaire ReDeMaRe, ce que je crois, c’est qu’il peut marcher. J’y crois fermement. Seulement, il y a une condition indispensable : il faut lui adjoindre un mécanisme d’éjection des adhérents. Suspendre la disposition de gagner à vie les avantages de ReDeMaRe (cas de 75 000 F pour ceux qui ont investi 450 000F). Ce serait à mon avis primo tenir compte de la limite du nombre d’individus pouvant y adhérer. Secondo ce serait extirper de la mentalité des adhérents la velléité qui a conduit la plupart à arrêter de travailler après avoir investi dans ReDeMaRe et s’être convaincus de gagner chaque mois ce dont ils avaient besoin. C’est fait dans ce dernier point que résidait le danger qui précipiterait le système et partant tout un Etat dans une crise catastrophique. En adjoignant au système le mécanisme d’éjection, ReDeMaRe aurait amené les adhérents à un rythme de vie qui les aurait contraint à réfléchir à l’après les beaux moments. Ce qui les aurait incités à entreprendre, réinvestir dans d’autres affaires dans le but de maintenir le train de vie qu’ils auraient amorcé avec les facilités de ReDeMaRe. C’aurait été aussi une manière de leur apprendre à pêcher plutôt que de leur donner du poisson.

Dans le cas contraire (avantages à vie après investissement), c’est considérer que le nombre d’adhérant serait illimité. Ce qui est archi faux. Déjà, le morcèlement du monde en Etats, nous impose une limite numérique par rapport aux individus. Sans compter les durs à emballer lorsqu’il y a dans une affaire, un brin de suspicion.

Enfin, les gens ne peuvent interpréter les réalités que par rapports aux faits prédominants dans un cadre. C’est ce que je crois. Dans notre cas, c’est bien le fait économique (dans ce qu’il a de plus tordu) et le fait politique qui priment. Impossible d’interpréter le cas ReDeMaRe sans s’en référer. Dommage. Le peuple éconduit, désillusionné, pensait vraiment ReDeMaRer. En réalité, il s’agit bien d’une illusion, d’un mirage.

 

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